Interview de Philippe BLIN Président du SVDI

Interview de Philippe BLIN Président du SVDI réalisé par Perry CARREL le 04/11/2015

N.B : cette même interview a été proposée par deux fois au  GFPMSE et à l’ADMS. Aucune réponse. Nous voilà maintenant fixés sur leur volonté à débattre pour expliquer les actions qu'ils mènent pour défendre notre Profession, si tant est que cela soit soit dans leurs ambitions.

Perry Carrel – « Qui êtes-vous Philippe BLIN ? Quel est votre parcours dans la Sécurité ? »

Philippe BLIN –  Après des études techniques en électronique, j’ai œuvré 10 ans dans la filiale maintenance d’un fabricant, aujourd’hui disparu, de matériel de détection automatique d’incendie. En 1989 j’ai créé ASTEM-Sécurité, première entreprise, 100% indépendante, de maintenance de S.S.I. multimarque toutes générations. Aujourd’hui, après avoir fusionné avec la société RIE, intégrateur électricien, ASTEM-RiE compte plus de 100 collaborateurs répartis sur trois sites en France. Elle couvre toutes les activités du génie électrique, des systèmes électroniques concourant à la sécurité des personnes et des biens, de la gestion de l’énergie et des réseaux du bâtiment et ce de l’étude à la maintenance en passant par la mise en œuvre, de manière autonome.

Perry Carrel – « Malgré un emploi du temps bien chargé pourquoi avoir choisi une telle mission « syndicale » et pourquoi avec le SVDI ? »

Philippe BLIN – « L’union fait la force », très tôt l’engagement syndical a été pour moi une évidence. Artisans, TPE et PME spécialistes, individuellement nous ne sommes rien. Pour nous faire entendre et faire reconnaitre nos compétences, nous devons nous rassembler autour de valeurs fédératrices et parler d’une seule voix. Fort de ces convictions, j’ai intégré il y a plus de vingt ans la FFIE (Fédération Française des Entreprises de Génie Electrique et Energétique) au nom de laquelle j’ai pris en charge des mandats de représentation de nos entreprises. Et SVDI est arrivé en 2001. Enfin, un syndicat représentant spécifiquement nos activités, défendant le savoir-faire de ses adhérents intégrateurs techniques tout en les accompagnant. J’ai évidemment adhéré. Au fil des années, SVDI a continuellement amélioré son soutien aux entreprises notamment par la création de référentiels de formation des collaborateurs, apportant aux entreprises une montée en compétence, de l’autonomie et de la reconnaissance de la part des fournisseurs fabricants et des donneurs d’ordres.

Perry Carrel – « Qu’apporte ce Syndicat de plus que les autres de surcroit pas très connu de la Profession ? »

Philippe BLIN –  « Je vous remercie pour le « pas très connu de la profession » !  Les adhérents et sympathisants de SVDI apprécieront la provocation. SVDI est aujourd’hui présent dans tous les salons des métiers de la sécurité électronique et anime de nombreuses conférences sur tout le territoire national. Grâce au soutien fort de la FFIE qui logo seulregroupe 5000 entreprises représentant 130.000 salariés sur le territoire, notre notoriété n’a cessé de croitre. La certification de services Installation et maintenance des systèmes de vidéosurveillance créée par SVDI et Bureau Veritas Certification nous a donné une crédibilité supplémentaire auprès des professionnels, des institutionnels et de l’ensemble de la filière.

SVDI, c’est avant tout un lieu de rencontre et d’échanges au service des professionnels. L’équipe des permanents s’emploie à apporter une veille technique, normative et réglementaire et à accompagner nos adhérents dans leur fonctionnement quotidien. »

Perry Carrel – « Si j’étais un installateur qu’est-ce que cela m’apporterait d’être membre du SVDI ? Et d’ailleurs que signifie cet acronyme inconnu à beaucoup y compris parmi vos Membres ? »

Philippe BLIN – « Heureusement, nos adhérents sont des professionnels de la Sûreté Vidéoprotection et/ou Détection Incendie, impliqués dans notre organisation. Ils connaissent donc la signification de SVDI qui a sa création était l’acronyme de Sécurité Voix Données Image.

Dans notre organisation, les entreprises échangent sur leurs pratiques, leurs difficultés et aussi leurs solutions. Les intégrateurs rencontrent les industriels et Les donneurs d’ordres qui le souhaitent dans le cadre des différentes commissions. La présence d’un ingénieur responsable technique à temps complet dans SVDI, permet aux adhérents d’avoir des réponses spécifiques aux problématiques rencontrées sur le terrain. SVDI est également actif au niveau européen, puisqu’il représente les professionnels français au sein d’Euralarm. Nous pouvons ainsi participer à l’élaboration des textes qui vont encadrer nos pratiques de demain et inciter nos adhérents à s’y préparer.

Enfin, conscient de la pénurie de main d’œuvre dans nos métiers, nous menons des actions spécifiques de promotion de formations et de valorisation de la profession auprès des jeunes. »

Perry Carrel – « Quelles sont les actions majeures que le SVDI compte entreprendre pour aider les Professionnels qui sont malmenés par les offres des Banques, assureurs et autres vendeurs de loyers ? »

Philippe BLIN – « SVDI est déjà intervenu auprès du CNAPS* pour que ces entreprises rentrent dans le même cadre que toutes les entreprises de télésurveillance. Néanmoins, pour être clair, si les aspirateurs les plus chers du marché se vendent si bien, c’est bien que les consommateurs ne sont pas idiots et privilégient la qualité. A nous professionnel de faire comprendre aux clients qu’ils auront le degré de protection qu’ils achèteront. Mais, je pourrais vous tenir le même discours concernant les offres anormalement basses.

*CNAPS : Le Conseil national des activités privées de sécurité est un établissement public administratif placé sous tutelle du ministère de l’Intérieur. Il est chargé de l'agrément, du contrôle et du conseil des professions de sécurité privées.

Perry Carrel – « Avez-vous conscience qu’en votre qualité de Syndicat vous êtes l’unique porte-voix des Professionnels ? »

Philippe BLIN – « Merci de le souligner, c’est effectivement une lourde responsabilité.

Close-up of business partners making pile of hands at meeting

Nous sommes présents dans beaucoup d’instances et participons, dès que l’occasion nous en est donnée, aux discussions qui peuvent bouleverser notre profession. Il nous faut sans cesse scruter et ne rien lâcher pour défendre nos entreprises. Le dernier exemple en date, c’est la technologie BIM. C’est une bombe. Cette révolution numérique est un formidable enjeu. La modélisation des données du bâtiment va révolutionner la façon dont les bâtiments, les infrastructures et les réseaux techniques vont être planifiés, conçus, créés et gérés. Dans nos domaines, les industriels et fabricants y voient principalement le moyen d’imposer en amont à l’intérieur des logiciels, leurs catalogues de produits et de solutions.

Si nous laissons faire, qu’adviendra-t-il de notre devoir de conseil ? Quid de notre responsabilité si nous ne devenons que des poseurs ? Qui payera les études en amont ? Et je passe sur les prix exorbitants d’achats et de formation à ces logiciels. »

Perry Carrel – « Pourtant l’on ne vous entend pas. Vos actions sont inaudibles, pourquoi ? Existent-t-elles vraiment ? »

Philippe BLIN – « Je vais être direct : personne ne peut obliger un sourd à entendre ! Je

peux comprendre que les patrons, surtout en cette période, soient absorbés par la gestion de leurs entreprises. Mais je ne peux croire, qu’un journaliste, avisé comme vous, ne soit pas informé de nos actions. »

Perry Carrel – « La vidéoprotection est très largement encadrée par la Loi et pourtant très peu d’exploitants la respectent. Pour s’en convaincre il convient d’aller chez les commerçants dotés de vidéoprotection, pour certains de vidéosurveillance, qui ne disposent même pas de l’affichette informative obligatoire ; témoignage d’une situation hors la loi. Que fait l’Etat pour sanctionner cet état de fait ? Les taxis se sont révoltés contre UBER et vous que faites-vous auprès des Pouvoirs Publics pour qu’ils agissent ? »

Philippe BLIN – « Vous ne dénoncez que la partie visible de l’iceberg. La problématique de la vidéoprotection est bien plus conséquente. Aujourd’hui, les vrais professionnels appliquent les textes. Mais ce domaine d’activité n’est pas encadré par une autorité qui aurait un rôle de « police ». SVDI se bat également dans ce domaine. Nous demandons que les activités de sécurité électronique soient intégrées au sein du CNAPS. C’est pourtant prévu par les textes. A l’instar des entreprises de sécurité privée (gardiennage, transport de fonds, télésurveillance, sécurité rapprochée…) chaque dirigeant d’entreprise impliquée dans la sécurité électronique, devrait être agréé ; les collaborateurs qui sont amenés à connaitre des informations liées à la sécurité des personnes, des biens et du bâtiment grâce à leurs fonctions de techniciens de mise en service et/ou de maintenance, devraient voir leurs compétences validées en amont et leur probité devrait être contrôlée. Aujourd’hui un agent de surveillance d’une grande surface a une carte professionnelle. Dans notre profession c’est l’anarchie la plus complète. Il est pourtant évident que nos entreprises portent une lourde responsabilité en matière de sécurité. J’espère que pour réagir, l’état ne va pas attendre qu’un technicien profite de sa fonction et de sa liberté d’accès à des informations de sécurité pour commettre l’irréparable. »

Perry Carrel – « Depuis des décennies que cette profession des installateurs « d’alarme »

Happy business team with thumbs up and smiling

existe, elle n’est jamais parvenue à générer un Syndicat qui donne de la voix durablement. Malgré différents acteurs tels que SYNIAL aujourd’hui disparu, GPMSE, SVDI, ADMS aucun n’est parvenu à s’imposer. N’est-ce pas là un aveu d’incapacité à fédérer une Profession ? »

Philippe BLIN – « Je vous laisse la responsabilité de vos propos. Vous citez des syndicats qui couvrent également d’autres activités que la sécurité électronique comme la télésurveillance par exemple. Parfois, les intérêts sont contradictoires. Mais je n’entrerai pas en polémique et ne jugerai pas.

Néanmoins, les pouvoirs publics doivent penser comme vous puisqu’ils ont souhaité, par facilité, n’avoir qu’un interlocuteur avec qui échanger sur le vaste sujet de la sécurité en France. C’est ainsi que l’ANAPS (Alliance Nationale des Activités Privés de Sécurité) est née en 2013. Parce que réunis nous sommes plus forts, SVDI a rejoint l’ANAPS qui fédère aujourd’hui les principaux syndicats de la sécurité en France et porte notre voix auprès des pouvoirs publics. »

Perry Carrel – « Pour conclure cet entretien, quel est votre objectif pour le SVDI ? »

Philippe BLIN – « Aujourd’hui, grâce à son implication dans l’ANAPS, SVDI est à la croisée du monde de la sécurité privée et de celui de la sécurité électronique du bâtiment par ses racines fortes au sein de la FFIE et indirectement de la FFB. (Fédération Française du Bâtiment)

SVDI est la seule organisation professionnelle qui représente et accompagne les TPE et PME spécialisées dans les métiers des solutions de sécurité et de sûreté tout en mettant à disposition de tous les professionnels, donneurs d’ordres, industriels et prestataires, une plateforme de dialogue.

Nous allons continuer notre développement sur le territoire national et accroitre toujours notre communication en phase avec la réalité du terrain.

Information, défense, action, représentation des entreprises adhérentes composent plus que jamais la feuille de route que j’ai confiée à SVDI. Merci pour votre écoute. »

Perry Carrel – « Merci pour ce temps consacré à me répondre et je vous dis à bientôt sur nos lignes, quant au café j’en veux bien un mais sans sucre. Merci »

 

Perry CARREL

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